Journal de recherche de mon projet de master (1ère ann&e) en science de l'éducation - le "Don en Education" - que je compte poursuivre en thèse par la suite. Je me propose d'aborder cette recherche au travers d'une approche multiréférentielle et pluridisciplinaire afin de prendre en compte la complexité de ce processus qu'est le "Don". Ce journal de recherche est retranscrit à partir de 3 supports : des écrits sur cahier, des enregistrements sur dictaphone et des saisies directes sur PC.

lundi 12 mars 2007

Mercredi 14 février 2007

Chaque fois que je parle du Don autour de moi, une question qui revient régulièrement, c’est celle du Don gratuit. Le Don semble être souvent perçu, vu comme un acte devant être gratuit. C’est d’ailleurs je crois une des approches psychologiques. En psychologie on parlera aussi plus de dette symbolique (semble-t-il) que de Don, chez les anthropologues, on parlera de lien social, chez les psychothérapeutes de contrôle social, dans la sociologie de Bourdieu il y aura peut-être un lien avec la violence symbolique, chez les philosophes je ne sais pas encore.
Cette interrogation sur le Don gratuit me ramène à ce que je peux voir pour le moment sur les sens du Don dans les différentes langues. En laotien, en Arabe, en Wolof, la notion de Don est associée au religieux. On ne donne pas pour rien, on donne aux indigents, aux déshérités pour la grâce de son “âme”, pour quelque part se racheter. On trouve aussi cela en hébreu tout comme chez les catholiques.
Y aurait-il un rapprochement à faire avec les sociétés claniques : Don sacré mais aussi le fait que ceux qui ont doivent (dans certaines sociétés) donner à ceux qui n’ont pas pour la continuité du clan… Ce ne serait pas un Don sacré mais un Don utile…
On peut déjà ici voir la complexité du Don, ne serait-ce que dans le sens qu’il prend dans les différentes langues et cultures. Maintenant quel est sa place dans nos sociétés ?
Dans les sociétés claniques, à l’origine, le Don considéré comme une base du lien social était un “mécanisme social” dans lequel s’inscrivait la survie de la communauté, donc un système en soi.
Dans nos sociétés modernes, dans ces sociétés qui sont sorties du mécanisme clanique, dans ces sociétés ouvertes il a pris une autre valeur au travers du religieux. On y retrouve ce même côté présent dans les sociétés claniques (kula !! à vérifier) dont j’ai parlé tout à l’heure : donner à ceux qui ont moins… Ce que l’on retrouve dans ce Don, considéré comme gratuit : Don humanitaire, etc…

Comment à ce moment la s’affranchir d’un regard pluridisciplinaire pour essayer de comprendre le Don, ses mécanismes pour voir s’il pourrait devenir un outil en éducation. Si tel est le cas, on pourrait alors peut-être en faire de multiples outils en fonction du champ concerné et du contexte, de la situation… Donc, comment ne pas tenir compte de la complexité du Don ? Surtout que dans nos sociétés actuelles, le mécanisme social du Don vue par les anthropologues : les obligations de donner, recevoir et rendre, n’est plus une question de survie de la société, du clan, n’est plus un système vital. A partir de ce moment là, le mécanisme du Don, ce système, ne peut-il pas prendre la forme d’une violence symbolique, devenir un contrôle social, une cause de névrose, surtout de nos sociétés où l’individualisme a pris le pas sur le communautarisme…
Comment alors s’affranchir d’une approche pluridisciplinaire, complexe.

Pourquoi la multiréférentialité plutôt que la multidimensionnalité ? Certes, l’individu est pris dans de multiples dimensions (mais qu’est-ce que la multidimensionnalité ?), mais le Don dans son mécanisme se fait au niveau de plusieurs structures, à tous les niveaux de la société, que ce soit au niveau de l’individu par rapport à lui-même (Don et contre-Don qu’il peut se faire), de 2 individus, des groupes, des organisations, des institutions, du cosmos. Comment peuvent être regardé les interactions entre les différentes perspectives de la multiréférentialité ? Je me le demande

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