Dans ce qui s’est passé aujourd’hui, la remarque de Sophie m’a fait réaliser que trop donner pouvait être cause de rupture de lien. Si on donne beaucoup trop et trop rapidement, on prend le risque de faire déborder la vasque. Et si la vasque déborde, il n’y a plus de place pour recevoir. Et si l’on ne peut plus recevoir, la relation meurt. Si c’est une vasque pleine, sans système d’évacuation, alors c’est sur, la relation a de grandes chances de mourir. Maintenant si c’est une vasque disposant d’un conduit d’évacuation, que se passe-t-il ? En donnant trop et trop vite, on n’a pas permit à l’évacuation de se faire normalement. Le flux en arrivée étant beaucoup plus important que celui en sortie, ça fini par déborder avec risque de rupture de liaison. Maintenant, dans ce cas, la rupture de liaison peut-elle la tuer ? Est-ce que, le temps de cette rupture, la vasque ne va pas petit à petit commencer à se vider et pouvoir de nouveau recevoir ou est-ce irrémédiable ? J’imagine que cela dépend des individus et de leur histoire de vie, de la situation, de ce qui a été donné et de comment cela a été donné, de la charge. C’est quelque part complexe. Et combien de temps faut-il pour que la réception puisse de nouveau être possible ? Et dans quel mesure, quel teneur ? Et si la peur s’est instillée, quel effet cela a-t-il ?
Journal de recherche de mon projet de master (1ère ann&e) en science de l'éducation - le "Don en Education" - que je compte poursuivre en thèse par la suite. Je me propose d'aborder cette recherche au travers d'une approche multiréférentielle et pluridisciplinaire afin de prendre en compte la complexité de ce processus qu'est le "Don". Ce journal de recherche est retranscrit à partir de 3 supports : des écrits sur cahier, des enregistrements sur dictaphone et des saisies directes sur PC.
dimanche 11 mars 2007
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