Journal de recherche de mon projet de master (1ère ann&e) en science de l'éducation - le "Don en Education" - que je compte poursuivre en thèse par la suite. Je me propose d'aborder cette recherche au travers d'une approche multiréférentielle et pluridisciplinaire afin de prendre en compte la complexité de ce processus qu'est le "Don". Ce journal de recherche est retranscrit à partir de 3 supports : des écrits sur cahier, des enregistrements sur dictaphone et des saisies directes sur PC.

dimanche 8 avril 2007

Dimanche 8 avril 2007

Je viens de terminer « Donner la mort » de Derrida. Cette lecture lève plusieurs interrogations.

Qu’en est-il de la responsabilité de l’individu par rapport au Don d’une part, mais aussi du processus du Don ?
Quel part de responsabilité l’individu conserve-t-il à partir du moment où il respecte aveuglément le processus et ses règles implicites, non dites ?

Qu’en est-il du Don et de l’histoire (Don dans l’histoire, avec l’histoire, au travers de l’histoire) tout comme de l’histoire et du Don ? Dois-je en tenir compte, essayer de l’appréhender tout de suite ?

Donner la mort / Donner la vie. On, donne la vie mais on ne donne pas la mort. D’après Derrida on ne peut donner la mort car l’expérience de la mort est personnelle, elle ne peut être partagée. De même on ne peut donner sa vie pour un autre car la mort est l’aboutissement de toute vie. Au mieux on retardera la mort. Donner c’est se débarrasser, transmettre quelque chose qu’on possède. Or la mort de l’autre, on ne la possède pas. Donner serait de l’ordre du sacrifice car ce serait se séparer de quelque chose que l’on aime. Donner est du domaine de la séparation. C’est par amour que l’on donne en se séparant de ce qu’on aime. Mais amour de quoi ? De l’autre ? De soi ? d’un objet de désir ? d’un objet de savoir ?

Il y a don de vie, mais la vie est-elle un Don comme le présente le christianisme ? Et si oui, un Don de qui ?

Un Don n’est pas obligatoirement un présent.

Qu’en est-il du Don et de la bonté (p. 63) ? Cela se rapproche-t-il du Don gratuit ? Ou du Don compassion de René ?

Qu’en est-il du Don et du Devoir (p. 92)? Du Don lorsque celui-ci s’inscrit dans un devoir, dans une obligation liée à un système, à des rites.

Qu’en est-il du don et du Calcul (p. 144 et 152)? Je pose la question alors que dans mon mémoire de dufa je me suis déjà interrogé dessus. Mais ici, ce que j’ai lu me ramène d’une part à ce que j’ai écrit et d’autre part amène la question de ce que c’est qu’un « calcul ». Quel sens lui donner dans ce contexte ?

En p. 153, il nous parle d’une négation du Don dans le sens où on ne devrait garder du Don que le donner. Et justement, mon propos n’est pas le Don mais le processus du Don dans lequel se trouve le donner. Car ce sont à mes yeux 2 choses différentes ? Et lorsque je présente mon thème, généralement j’entends réagir autour du Don et non pas du Donner, même si je précise le Don dans le sens de donner, recevoir et rendre. Cela revient à différencier le don de l’acte de donner. Dois-je faire apparaître cette différentiation dans ma note de recherche ? Je pense que oui.

« Pardonner ». Quel est son étymologie ? Y a-t-il un lien avec Don ? Est-ce que le pardon serait « par le don » ? On donnerait alors un « par don »…

Puis-je me permettre une réflexion sur le contredon den faisant discuter « don contredon » et « don contre don » ? Je suis bien tenté de le faire. Mais où cela me mènera-t-il ? Je me le demande bien…

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