Journal de recherche de mon projet de master (1ère ann&e) en science de l'éducation - le "Don en Education" - que je compte poursuivre en thèse par la suite. Je me propose d'aborder cette recherche au travers d'une approche multiréférentielle et pluridisciplinaire afin de prendre en compte la complexité de ce processus qu'est le "Don". Ce journal de recherche est retranscrit à partir de 3 supports : des écrits sur cahier, des enregistrements sur dictaphone et des saisies directes sur PC.

jeudi 5 avril 2007

Jeudi 5 avril 2007 - 3

René a dit que dans les perspectives personnelles et interpersonnelles de la multiréférentialité, le social est aussi présent. Tout comme il y a aussi de l’institution qui traverse ces 2 dimensions dans la mesure où elle descend au niveau de l’habitus. Explorer cette voie me semble intéressant. Un nouveau point à garder en périphérie de ma pensée.
Je m’interrogeais sur une présence possible de transversalité dans ma recherche. Ne serait-elle pas présente au niveau des différents savoirs et des différentes disciplines ?

On a aussi parlé de valeur. Comme quoi la notion de valeur était liée à l’humain. Ce à quoi j’adhère totalement. Ca me ramène d’ailleurs à mon réveil de ce matin, ou plutôt devrais-je dire de la nuit. Quelle valeur a le Don dans notre société actuelle ? Quelle représentation s’en fait-on ? Et là, on tombe dans le domaine de nos projections, de notre imaginaire. Comme nous l’a dit René, L’humain introduit de la valeur en fonction d’un champ symbolique, donc de l’imaginaire.
C’est là où il y aurait une différence entre le Don entre humain et celui que l’on trouve dans la nature. Dans la nature, le Don est du domaine de la compatibilité et non des valeurs comme chez les humains. C’est d’ailleurs ce qui se passe au niveau interne, dans le corps humain, dans les processus interne existant où il y a Don.
« Ne pas donner serait se replier, Donner serait donc une nécessité ». Cela me ramène à certains passages de mon mémoire de dufa…

D’après René, ce ne serait pas toujours facile de recevoir car recevoir serait toujours se mettre en dépendance. Je pense que c’est exact et que ce serait intéressant à vérifier. Seulement, ce n’est pas vraiment l’objet de ma recherche. Mieux vaut ne pas prendre le risque de me disperser…
De même, j’aurai tendance à dire qu’il n’est pas aussi toujours facile de donner. Car donner ne signifie-t-il pas aussi se séparer d’un objet ? Perdre une part de soi ?
Tout dépend, selon moi, de l’histoire de vie des individus et de leur psyché.

Pour Sophie, le formateur donne pour de l’autosatisfaction et un contrôle sur les autres (une forme de toute puissance…) Hypothèse à vérifier.
Il y a une semaine, j’ai repris les cours de Patrice Ville. Le Don s’inscrit toujours dans des situations. Or, comme cela est présenté par l’analyse institutionnel, dans toutes situations il y a des rapports de force qui existent, des tensions. Alors, dans un processus de Don, dans le contexte dans lequel il s’inscrit (ici des situations éducatives), quels sont les jeux de forces et les interactions qui interviennent ?
En plus du rapport dialogique existant, il me semble de plus en plus nécessaire de regarder le lien entre les éléments des structures ternaires du Don et de l’éducation au travers des rapports de force éventuels qui peuvent exister. J’ai l’intuition que cela se différenciera en fonction de la pédagogie appliquée et du contexte.
Serait-il utile de se demander : qu’est-ce qu’apporte le processus de Don ? Pourquoi il est là ? Est-ce qu’il faut le changer ? Quelle est la réalité de sa forme ? Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce que l’on passe ? Qu’est-ce que cela provoque ? Cela va-t-il déranger de l’institué ?

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